TONY DI VIETRI
Couverture du livre Et jusqu'à ce que la mort nous répare
Récit · À paraître

Et jusqu'à ce que
la mort nous répare

Le 25 février 2008, j'ai perdu ma sœur.
Trois mois plus tard, ma mère l'a vue.
Je ne l'ai pas cru.
L'été suivant, je l'ai vue à mon tour.

Ce livre raconte ce qui s'est passé entre les deux. Et tout ce qui a suivi.

Préface de Sonia Barkallah · Productrice du film Témoins

Ce livre n'est pas un livre sur le deuil. Des livres sur le deuil, il y en a. C'est un livre sur ce qui vient après. Quand on croit qu'il ne reste plus rien, et qu'on découvre ce qui reste quand tout disparaît.

Je suis devenu infirmier libéral après ce qui s'est passé cet été-là. Depuis, je soigne. J'écoute. Je note ce que les patients me confient au seuil de la mort, ce que les familles entendent, ce que les soignants ne savent pas toujours quoi faire de ce qu'on leur raconte.

Ce livre n'est pas une consolation. C'est un chemin. Le mien. Vous y trouverez peut-être le vôtre.

Ma position

Ce livre n'est pas un traité. Je n'apporte aucune preuve de ce que les patients rapportent. Et je n'en cherche pas. Ce sont des expériences qui s'éprouvent plus qu'elles ne se prouvent.

Je raconte. À chacun de comprendre, ou non, ce qu'il en fait.

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Une communauté depuis 2017
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membres dans le groupe Facebook francophone que j'ai fondé sur les expériences de mort imminente.

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Tony Di Vietri
Mon parcours

Parcours professionnel

Tony Di Vietri, infirmier libéral dans l'arrière-pays niçois. Le récit personnel qui a mené à l'écriture du livre se trouve dans le manuscrit lui-même.

Aujourd'hui

Infirmier libéral

Diplômé d'État, exercice libéral au Cabinet SOS Infirmiers 06, Alpes-Maritimes. Soins à domicile depuis 2020.

Formation

Diplôme d'État infirmier

IFSI du CHU de Nice, promotion 2020. Mémoire de fin d'études : « L'accompagnement des patients relatant une expérience de mort imminente ».

Avant l'infirmier

Militaire · Sapeur-pompier

Engagé au 3e Régiment d'Artillerie de Marine. Sapeur-pompier volontaire formateur depuis 2007.

En parallèle

Conférences et interventions

J'interviens auprès d'associations et d'instituts de formation sur les expériences de mort imminente (EMI).

Collaborations

Production documentaire et plateforme

Coproducteur du film Témoins de Sonia Barkallah (2024). Assistant technique sur les tournages de la plateforme christophefaure.com du Dr Christophe Fauré, psychiatre spécialisé dans l'accompagnement du deuil.

Avec moi

Celles et ceux qui rendent
ce livre possible

Sonia Barkallah

Préface · S17 Production

Productrice du documentaire Témoins, fondatrice de S17 Production, co-fondatrice du CNERIC (Centre national d'études et de recherches sur les états de conscience). Signera la préface du livre.

Dr Christophe Fauré

Assistant technique · Plateforme

Psychiatre, auteur Albin Michel, référence francophone sur le deuil et les expériences de mort imminente. Assistant technique sur les tournages de sa plateforme christophefaure.com.

Les expérienceurs et leurs proches

Témoignages · Avec autorisation

Celles et ceux qui ont accepté de partager leur récit, qu'ils soient revenus d'une expérience de mort imminente ou qu'ils aient accompagné un proche aux portes du seuil. Chaque témoignage inclus dans le livre l'est avec autorisation explicite.

Les soignants enquêtés

Enquête de terrain

Plus de 500 professionnels de santé ont répondu à mon enquête sur ce qu'ils observent, entendent, et ressentent face aux phénomènes de fin de vie et aux récits d'EMI rapportés par leurs patients.

La communauté EMI

Espace d'écoute · Depuis 2017

Les 32 168 membres du groupe Facebook francophone que j'ai fondé pendant mes études infirmières. Espace privé, modéré, où une partie de la matière de ce livre s'est déposée au fil des années.

Presse

Dans les médias

Interviews, documentaires et articles, en France et à l'étranger, autour de mon parcours et des expériences de mort imminente.

avril 2026

Plateforme du Dr Christophe Fauré

Assistant technique sur les tournages de la plateforme digitale d'accompagnement du deuil du Dr Christophe Fauré, psychiatre, référence francophone sur le deuil et les expériences de mort imminente.

Découvrir
5 mai 2025

NewsFirst Kannada · Inde

Apparition dans le reportage « Phata Phat 30 » consacré aux expériences de mort imminente, diffusé à Bangalore.

Voir
24 avril 2025

France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur

Article consacré au film Témoins de Sonia Barkallah, mentionnant ma coproduction aux côtés de Jean-Michel Almeida-Pires.

Lire
19 décembre 2024

Messangel · « Du drame à la lumière »

Interview par Yannick Guillemot, fondateur de l'application Messangel, sur mon parcours et mon engagement autour des EMI.

Voir
7 octobre 2024

Europe 1 · Libre Antenne

Invité de Valérie Darmon pour témoigner sur mon parcours et le recueil en cours.

Écouter
1er février 2020

Happy End · Sélection EMI

Mention éditoriale dans la sélection « 5 livres pour mieux comprendre les EMI ».

Voir
1er août 2016

Nice-Matin

Article relayant l'appel d'un pompier volontaire à se former aux gestes qui sauvent, au lendemain du 14 juillet 2016.

Lire
Depuis 2017

Une des plus larges
communautés EMI
francophones

0 membres

J'ai créé le groupe Facebook EMI — Expérience de Mort Imminente en première année d'études infirmières. À l'origine, un espace pour les soignants et les expérienceurs. Parce qu'à chaque conversation autour de moi, quelqu'un me confiait n'avoir jamais osé en parler à personne.

Aujourd'hui, il réunit plus de 32 000 membres : expérienceurs, endeuillés, soignants, curieux. Un lieu pour échanger entre ceux qui se comprennent, et pour faire découvrir le sujet à ceux qui ne le connaissent pas. Privé, modéré, sans jugement.

« C'est là que j'ai recueilli quelques-uns des témoignages qui nourrissent mon livre. »
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2017
Année de création
32 168
Membres actifs
8 ans
D'existence continue
100%
Francophone
L'histoire du groupe

Pourquoi j'ai créé cet espace

J'étais en première année d'études infirmières. Je commençais à parler autour de moi, à des camarades de promo, à des soignants en stage, à des proches, d'un sujet qui m'avait toujours intrigué : les expériences de mort imminente.

À chaque conversation, ou presque, la même chose se produisait. Quelqu'un finissait par baisser la voix et me dire : « En fait, moi aussi j'ai vécu quelque chose. Mais je n'en ai jamais parlé à personne. »

Un proche qui avait vu son père décédé au pied de son lit. Une infirmière qui avait entendu une patiente, déclarée morte cliniquement, raconter ce qui s'était passé dans la salle de réanimation. Un homme qui avait gardé pour lui, pendant des années, ce qu'il avait ressenti pendant son arrêt cardiaque.

Des récits intimes, parfois bouleversants, que ces personnes portaient en silence. Par peur d'être moquées, prises pour folles, incomprises, ou simplement de ne pas être crues.

J'ai compris qu'il manquait un lieu. Pour deux raisons.

D'abord, pour permettre à ceux qui pouvaient se comprendre d'échanger : soignants confrontés à ces récits dans leur pratique, expérienceurs cherchant à mettre des mots sur ce qu'ils avaient vécu, endeuillés portant des signes restés sans réponse.

Ensuite, pour faire découvrir le sujet à ceux qui ne le connaissaient pas. Parce que l'EMI n'est pas une affaire de spiritualité ou de croyance. C'est un phénomène que la littérature scientifique documente depuis quarante ans, et que beaucoup ignorent encore.

J'ai créé le groupe pour offrir, à ma mesure, ce lieu. À l'origine pour les soignants et les expérienceurs. Puis, naturellement, il s'est ouvert aux endeuillés, aux proches, à tous ceux que le sujet touche. Privé. Modéré. Bienveillant. Sans dogme, sans interprétation imposée, sans récupération commerciale.

Au début, nous étions une dizaine. Aujourd'hui, plus de 32 000.

La charte du groupe

Les trois piliers qui le tiennent debout

01

Aucun jugement, aucun dogme

Chacun dépose son expérience sans avoir à la prouver, la justifier, ou la défendre. Le groupe n'appartient à aucune religion, aucun courant spirituel, aucune école d'interprétation. Le doute n'est pas un manque de respect. La moquerie, si.

02

Espace privé

Aucun récit du groupe n'est partagé à l'extérieur sans autorisation explicite. Ce qui se dit dans le groupe reste dans le groupe.

03

Modération assidue

L'équipe de modération veille au respect de ces piliers. Les comportements toxiques, les sollicitations commerciales, les récupérations dogmatiques sont retirés.

Et le livre

Pourquoi ce livre n'existerait pas sans elle

Pendant huit ans, j'ai lu, écouté, échangé, recueilli. Des milliers de récits. Des silences aussi. Ce que les membres laissaient deviner entre les lignes, ce qu'ils n'osaient pas écrire, ce qu'ils m'envoyaient en message privé avec la mention « ne partagez pas ».

Cette communauté est devenue, sans que je le planifie, le terrain d'observation le plus dense que je connaisse sur ce que les gens vivent vraiment aux abords de la mort. Pas ce que les livres en disent. Pas ce que les colloques en théorisent. Ce que les vivants en témoignent, et les soignants en murmurent.

Une partie de ce que vous lirez dans le livre vient de là. Avec, à chaque fois, l'autorisation explicite des personnes concernées.

Rejoindre la communauté
Un recueil personnel · En cours

La parole
des soignants

Depuis avril 2025, en tant qu'infirmier de terrain, je mène un recueil auprès des professionnels du soin et du secours francophones sur leur rapport aux expériences de mort imminente dans leur pratique.

Ce recueil est personnel. Il prolonge le mémoire de fin d'études que j'ai consacré au sujet à l'IFSI du CHU de Nice en 2020.

À ce jour, 500 professionnels francophones ont répondu.

●●●
Y ont été confrontés
en pratique
●●●
Souhaitent
être formés

Les pourcentages précis des deux chiffres latéraux sont réservés à la publication du livre.

À la fin de mon questionnaire, déjà 71 répondants ont laissé un commentaire libre. Quatre voix, quatre situations, quatre silences qui se rejoignent.

«

Il pleurait en me disant qu'il n'était pas fou. Qu'il avait vu sa sœur décédée, et qu'elle lui avait dit que ce n'était pas encore le moment. Je l'ai écouté. Je lui ai répété que je le croyais.

Infirmière en psychiatrie
«

J'ai voulu faire mon mémoire de fin d'études sur ce sujet. On m'a répondu que ce n'était pas recevable scientifiquement.

Étudiante infirmière
«

Je me suis vu au-dessus de mon corps dans la salle d'intervention. Cinq ans plus tard, j'y travaillais comme infirmier anesthésiste. Je pouvais décrire précisément la couleur du sol, des murs, du matériel. Le tunnel. La lumière. La paix.

Infirmier anesthésiste
«

Un médecin face à une patiente sortant d'une endoscopie longue avec AG* avait banalisé son récit par un simple : "C'est normal, c'est l'effet de l'acupan en SAP**, je vais vous l'arrêter." À noter qu'elle n'a jamais été sous Acupan, encore moins en SAP. *AG : anesthésie générale **SAP : seringue auto-pulsée

Soignant(e), répondant(e)

Témoignages extraits du recueil en cours, reproduits de manière totalement anonyme. Les répondants ont été informés, lors du recrutement, que ce recueil nourrirait le livre à paraître.

L'analyse complète, les témoignages recueillis et les propositions concrètes font l'objet de la dernière partie de mon livre, à paraître.

Méthodologie

Questionnaire en ligne, diffusé exclusivement via des groupes professionnels francophones de médecins, infirmiers, aides-soignants et sapeurs-pompiers. Échantillon non-probabiliste, auto-sélectionné. Les résultats reflètent l'opinion des répondants qui ont souhaité s'exprimer, non celle de la profession dans son ensemble. Recueil personnel, non rattaché à une institution universitaire, hospitalière ou associative.

Vous êtes soignant ?

Participez au recueil

Médecin, infirmier, aide-soignant, sapeur-pompier, ambulancier : si vous avez été confronté en pratique à des récits d'expériences de mort imminente, votre parole compte.

Le questionnaire est anonyme. Il prend environ 3 minutes.

Participer au recueil
Couverture du livre
Cliquer pour feuilleter
Le livre · À paraître

Et jusqu'à ce que la mort
nous répare

Ce qu'il reste quand tout disparaît · Récit

Récit autobiographique. Préface de Sonia Barkallah.

Qu'est-ce qu'il nous reste
quand tout disparaît ?

Ce n'est pas un livre sur le deuil. Des livres sur le deuil, il y en a.

C'est un livre sur ce qui vient après. Quand on croit qu'il ne reste plus rien. Quand on découvre ce qui reste quand tout disparaît.

D'abord pompier. Puis militaire. Devenu infirmier, en libéral aujourd'hui, après une suite d'épreuves intimes et de rencontres avec ce qu'on n'explique pas. Ce livre, écrit en neuf ans, en est la traversée.

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Feuilleter le prologue

Les premières pages du manuscrit, mises en forme comme dans le livre à paraître. Cliquer sur la couverture pour commencer.

Calendrier de publication

Repères éditoriaux

Été 2026
Relecture
finale
Aut. 2026
Soumission
éditoriale
Blog · Pratique clinique

Le blog

Mes notes d'infirmier libéral sur les expériences de mort imminente, les vécus subjectifs de contact avec un défunt, la lucidité terminale, et les phénomènes que la formation française aborde rarement. Espace distinct du livre — ici, la pratique de terrain.

01
N° 01 · Fin de vie

Lucidité terminale : ce qu'un infirmier libéral observe juste avant la mort

Ce phénomène presque jamais enseigné, et que les soignants voient pourtant régulièrement.

3 mai 2026 · 8 min de lecture
02
N° 02 · Actualité

« Miracle » au CHU de Rennes : ce que dit vraiment ce cas de syndrome de Lazare

Le 23 avril 2026, Didier, 62 ans, est déclaré mort au CHU de Rennes. Trois heures plus tard, son cœur reprend.

4 mai 2026 · 6 min de lecture

De nouveaux articles paraissent au rythme de l'écriture du livre.

Une pièce à explorer

Mon bureau

Rien ici n'est posé au hasard. Chaque objet garde la trace d'un moment, d'un visage, d'un passage. Touchez-les, un à un. Certains, vous les recroiserez dans le livre.

Le bureau de Tony Di Vietri Gaia et Bhumi, les chats de Tony Victor, le père de Tony
Groupe EMI — Expérience de Mort Imminente
Glissez pour explorer la pièce
L'écharpe
Comment quelque chose d'aussi léger, d'aussi coloré, peut-il être devenu le visage même de la fin ? Cette écharpe cache ce que je n'ai compris qu'en la soulevant. Ce jour-là, j'ai sombré.
Le casque
Sapeur-pompier. Il y a eu ce 14 juillet. Et depuis, le combat de transmettre, encore et encore.
Le béret
Le 3e Régiment d'Artillerie de Marine, une expérience de vie inoubliable. Mais le soin m'appelait déjà. Il a fini par me rattraper.
Témoins
Ils sont des millions à l'avoir vécu. J'y apparais en soignant qui tente de sauver une vie. Une scène qui ressemblait, sans le dire, à la blessure que je porte.
La plaque
On garde ces plaques toute sa vie. Même quand on a quitté l'uniforme.
Christelle
Elle s'appelait Christelle. Pour vous, c'est peut-être votre mère, votre père, votre enfant, votre meilleur ami. Quelqu'un parti trop tôt. Trop brutalement. Ce livre est pour vous autant que pour elle.
L'enfant
Mon petit. Si je pouvais te serrer fort avant que tout commence. Tu vas connaître le pire, et tu croiras parfois ne plus pouvoir te relever. Mais je suis la preuve que tu te relèveras. Et que tu en feras quelque chose de beau.
La boule
Elle a vu. Avant moi. Et plus rien n'a été pareil.
Le livre
On croit que la mort détruit tout. J'ai passé ma vie à découvrir le contraire. Cliquez : les premières pages vous attendent.
Le stéthoscope
Soignant, j'ai compris ceci : ce qui fait battre les vivants est aussi ce qui les emporte. Mon métier m'a appris à les écouter. Tout le reste, à les entendre.
Le mémoire
Aucun encadrant n'en voulait. Pas recevable, disaient-ils. Il a fallu qu'un cœur s'arrête pour que ce sujet devienne, soudain, impossible à ignorer.
Le téléphone
Je l'avais éteint pour dormir. On l'a tous fait : poser l'appareil, fermer les yeux, se dire que le reste attendra le matin. Une nuit, le reste n'a pas attendu. Tout commence ici.
Le stylo
Ce que je n'arrivais pas à dire, je l'ai écrit. Les morceaux épars de cette pièce sont devenus une histoire. La mienne. Peut-être la vôtre.
La souris
Des milliers d'heures à écouter, lire, répondre. Un clic après l'autre.
Gaia et Bhumi
Deux déesses de la terre, d'après les noms. Dans les faits : deux chats qui dorment sur mes dossiers et réclament leur gamelle à heure fixe. Je croise la mort dans mon métier, et je passe mes soirées à écrire dessus. Eux n'en savent rien, et ne veulent rien en savoir. C'est sans doute pour ça qu'ils me reposent autant.
Victor, mon père
On s'est quittés dans un aéroport. Lui montait, moi je restais. Au pied de l'escalator, il s'est retourné : j'ai compris que ce chemin-là, je ne pouvais pas encore le prendre.
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Pour les professionnels
de l'édition et des médias

Presse, édition, collaboration, intervention ou témoignage : ce formulaire reçoit vos messages, en privé.

Prologue intégral

Je me déconnecte

Ma sœur est morte dans une cave. Elle avait dix-neuf ans. Et moi, son frère, son sang, la seule personne au monde qui aurait pu décrocher ce téléphone cette nuit-là, j'ai éteint.

· · ·

Trois heures du matin. Le téléphone hurle.

Pas une sonnerie. Un cri. Un cri électronique qui fend le silence de la chambre comme une lame, qui m'arrache au sommeil d'un coup sec, vertical. Le genre de réveil qui laisse le cœur avec trois battements en avance sur le cerveau.

Le corps sait avant vous. Toujours. Avant que la raison ne formule, il y a cette vibration sourde dans la poitrine, cette fréquence de catastrophe que les mots mettent toujours quelques secondes de trop à rattraper.

Je tends la main vers la table de chevet. L'écran s'allume, m'aveuglant dans le noir.

Maman.

Quelque chose se contracte dans ma poitrine. Une angoisse froide, qui ne demande pas la permission.

Depuis quelques semaines, ses appels nocturnes se multiplient. Son compagnon. Les disputes. Le flot de mots désespérés qu'elle déverse à des heures impossibles. J'ai appris à recevoir ces appels comme on reçoit une pluie fine. On ne l'arrête pas. On attend qu'elle passe. Je suis son fils, je soutiens et j'écoute.

Mais cette nuit, je suis épuisé.

Je suis en formation pompier. Je dois me lever dans quelques heures pour repartir à la caserne. J'ai besoin de dormir. Vraiment dormir.

Je regarde l'écran sonner. Le nom de ma mère pulse dans le noir comme un cœur étranger.

Je ne décroche pas.

La sonnerie va jusqu'au bout. Le silence revient. Je referme les yeux.

Demain. Demain je rappellerai.

Quelques minutes. Mon cœur ne s'est pas encore calmé. Et puis le téléphone sonne à nouveau.

Maman.

Cette fois, je ne réfléchis pas. Je tends la main. J'éteins. En pleine sonnerie. Le cri s'interrompt comme une porte qu'on claque.

Le silence. Le vrai. Celui que j'ai choisi.

Ma mère, où qu'elle soit, vient de tomber dans le vide.

Je ne le sais pas encore.

Je m'endors.

Je ne sais pas que ce sont les dernières heures de l'enfant que j'étais.

· · ·

L'aube.

Une lumière dorée s'infiltre par les rideaux. Les oiseaux chantent. Le monde a l'air normal, calme. Comme si la nuit n'avait été qu'une parenthèse.

Mon téléphone est éteint sur la table de chevet en bois. Je le rallume.

L'écran s'illumine. Les notifications apparaissent, une par une.

Deux messages vocaux.

Horodatés à trois heures du matin.

Je reste immobile, le téléphone au creux de la main.

L'appréhension de la nuit n'a pas disparu. Elle attendait l'aube.

J'appuie sur play.

· · ·

La voix de ma mère me percute.

Elle hurle. Les mots arrivent par éclats, hachés, noyés dans les sanglots, à peine humains tant la douleur les déforme.

« Christelle… s'est pendue… dans la cave… J'ai enlevé la corde… Les secours sont là… ils essaient de la sauver… »

Plus rien ne bouge.

Ni mon corps. Ni l'air. Ni le temps.

Et derrière les cris de ma mère, derrière le chaos, j'entends quelque chose.

Un bruit.

Régulier. Mécanique. Implacable.

Bip. Bip. Bip.

Le métronome d'un défibrillateur.

· · ·

Ce son, je le connais.

Je l'ai entendu pour la première fois il y a quelques semaines, les bras tendus sur un mannequin en plastique, le regard rivé sur un instructeur qui comptait les compressions à voix haute. Depuis août dernier, six mois, j'apprends à devenir un soldat du feu. Pas encore breveté. Il me manque un examen. Un papier glacé que je recevrai en avril.

Mais j'ai fait le module défibrillateur.

J'ai répété les gestes. J'ai écouté la voix synthétique de la machine. J'ai appris à reconnaître ce rythme. Ce bip qui devait un jour, plus tard, accompagner mes mains sur une poitrine inconnue.

Ce matin, ce rythme accompagne ma sœur qui meurt.

Et ma mère continue de hurler. De pleurer. Ses sanglots saturent le message, déforment l'air, font trembler le téléphone contre mon oreille.

Mais quelque chose se passe en moi.

Sa voix s'éloigne.

Pas physiquement. Mécaniquement. Mon cerveau, sans que je lui en donne l'ordre, abaisse le volume des cris de ma mère et monte celui de la machine. Ses hurlements deviennent un fond sonore. Les bips, eux, prennent toute la place.

Comme si une partie de moi, formée à secourir, avait pris le relais. Comme si ce cerveau de pompier en devenir avait décidé que les pleurs ne servaient à rien, alors que la machine, elle, allait peut-être trouver quelque chose. Allait dire qu'on pouvait choquer. Allait dire qu'on pouvait sauver.

Du plus profond de mes tripes, je l'espérais.

Ça va repartir.

C'est ce que mon cerveau s'accroche à croire pendant que la machine analyse. Ça va repartir. Le bip va devenir un rythme cohérent, ordonné. Mes bras, mes mains, mes gestes répétés sur le mannequin, tout ça va servir à quelque chose, là, dans cette cave, à travers ma mère, à travers les secours. Le défibrillateur va dire choc indiqué. Le cœur va repartir et Christelle va se réveiller.

Ma sœur va revenir.

Une voix synthétique, parfaitement calme, parfaitement inhumaine, traverse le chaos du répondeur.

« Analyse en cours. Ne touchez pas le patient. »

Silence. Pas un vrai silence, parce que ma mère pleure toujours, mais pour moi, à cet instant précis, c'est le silence absolu. Plus rien n'existe que la machine et l'espoir.

Trois secondes. Peut-être cinq. Le temps que la machine lise le cœur de ma sœur. Le temps qu'un algorithme cherche dans ses signaux électriques quelque chose à sauver. N'importe quoi. Une fibrillation. Un frémissement. Une dernière trace de vie.

Je m'accroche, mon cœur bat la chamade.

Puis la voix reprend.

« Choc non recommandé. Veuillez continuer la réanimation cardio-pulmonaire. »

Et le métronome reprend.

Bip. Bip. Bip.

· · ·

Choc non recommandé.

Trois mots.

Trois mots que n'importe qui, dans cette cave, aurait entendus comme une instruction technique. Une étape de plus dans le protocole.

Mais moi, je viens de passer le module.

Et je sais ce que ces trois mots signifient.

Quand un défibrillateur refuse de choquer, ce n'est pas parce que le cœur bat. C'est parce qu'il ne bat plus du tout. Pas de fibrillation. Pas de rythme cardiaque désordonné à remettre en ordre. Rien. L'asystolie. Le silence électrique. Plat.

La machine a cherché quelque chose à sauver, et elle n'a rien trouvé.

Veuillez continuer la réanimation cardio-pulmonaire.

C'est ce qu'on dit quand il ne reste plus que les mains. Quand la technologie a rendu son verdict et qu'on s'en remet à la chair contre la chair, aux bras qui compriment un sternum dans l'espoir insensé de relancer ce que l'électricité elle-même a déclaré perdu.

Ce son que j'ai appris pour sauver bat dans mon téléphone, à trente centimètres de mon oreille, et je ne peux rien faire.

Mes mains savent.

Mes bras savent.

Mon corps entier sait comment répondre à ce bip.

Et il est là, inutile, figé sur un lit, à écouter en différé ce que la machine a compris cinq heures avant moi.

Ma sœur est déjà morte.

Le premier message ne le sait pas encore. Ma mère non plus.

Mais la machine, elle, le sait.

Et moi aussi.

· · ·

Le second message commence.

La voix de ma mère a changé.

Elle n'est plus déchirante. Elle est éteinte. Plate. Vidée de tout ce qui la rendait vivante. Comme si prononcer ces mots lui avait coûté tout ce qu'il lui restait d'humain.

« Christelle est décédée… Il ne reste plus que toi, mon chéri. »

Nous sommes le 25 février 2008.

Ma sœur avait dix-neuf ans.

· · ·

Le message se coupe, et d'une froideur extrême, la voix mécanique du répondeur continue de parler, mais je ne l'entends plus.

Je reste immobile. Le téléphone collé à l'oreille.

Trente secondes. Peut-être une minute. Je ne saurais pas dire. Le temps n'a plus la même mesure. Cette zone-là, qui s'ouvre quand le cerveau atteint sa limite, n'a pas d'horloge.

Mon corps ne tremble pas.

Mes yeux ne pleurent pas.

Mes mains ne lâchent pas le téléphone.

Rien.

Aucune pensée. Aucune émotion.

Comme si quelqu'un, quelque part, venait de couper les circuits.

Mes yeux dérivent vers la fenêtre.

La lumière dorée est toujours là. Le ciel au-dessus des toits est d'un bleu parfait. Obscène. Les oiseaux chantent. Ils ne savent pas. Ils ne sauront jamais. Le monde continue à tourner, indifférent, calme. Comme s'il n'y avait pas, à des kilomètres d'ici, une jeune fille de dix-neuf ans à qui on venait d'enlever une corde au cou, et qui ne verrait plus jamais ce monde tourner, indifférent à son absence.

Et il y a quelque chose dans cette indifférence du monde qui est d'une cruauté si pure qu'elle dépasse tout ce que j'ai connu de la douleur.

· · ·

Mécaniquement, je décolle le téléphone de mon oreille.

Je le pose sur la vieille table de chevet en bois. Doucement. Sans bruit. Comme on pose un objet dont on ne sait plus à quoi il sert.

Et dans ce même geste, sans le savoir vraiment, j'en fais un autre.

Un geste intérieur. Un geste que personne ne voit.

Je prends mon cœur. Et je le range dans le vieux tiroir de cette table de chevet.

Je l'y dépose pour ne plus ressentir. Et je ferme le tiroir, et le laisse là, pour l'oublier à tout jamais.

· · ·

Pas de pensées. Pas d'émotions. Pas de larmes. Pas de cris.

Rien.

Une seule chose subsiste. Une seule.

Me déconnecter.

Tel un automate dont les circuits ont disjoncté, mes paupières se ferment mécaniquement. Puis mon corps, tel un fœtus, s'enfonce dans le matelas comme une chose qu'on aurait oubliée là.

· · ·

Je ne sais pas encore que ce matin n'est que le début.

Que la mort ne fait que commencer avec moi. Qu'elle va revenir, encore, et encore, et encore, sous des formes que je ne peux pas imaginer, qu'aucun esprit ne pourrait supporter. Que chaque fois que je croirai avoir touché le fond, le sol se dérobera à nouveau.

Je ne sais pas encore qu'à des kilomètres de moi, dans une cave de Cagnes-sur-Mer, ma mère vient de s'agenouiller devant le corps de sa fille. Qu'elle hurle dans ce sous-sol où personne n'entend. Qu'elle ne pourra plus jamais dormir. Que dans trois mois, dans cette même cave, elle voudra rejoindre Christelle.

Je ne sais pas encore que des vies entières, la mienne, celle de ma mère, celle de mon père, viennent de basculer dans une réalité où plus rien ne sera jamais comme avant. Et qu'au-delà de cette réalité, il en existe une autre, plus étrange, plus invisible, plus impossible, qui frappera bientôt à notre porte.

Je ne sais rien de tout ça.

Ce matin, je sais seulement que ma sœur est morte et que j'ai éteint mon téléphone.

Je me déconnecte.

— · · · —

Fin du prologue · Le récit continue en 25 chapitres dans le manuscrit.